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Une fois de plus, le RSP secoue la branche mais Zida reste assis

Après les rounds de décembre 2014 et de février 2015, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), ex-garde prétorienne de Blaise Compaoré, est revenu à la charge en ce début du mois de juillet 2015 avec cette fois, la ferme intention d’en finir avec son ancien N°2, Yacouba Isaac Zida, actuel locataire de la Primature.

Le gouvernement Zida est toujours en place
Le gouvernement Zida est toujours en place

A l’origine de cette nouvelle guéguerre RSP/Zida, une accusation de complot visant à attenter à la vie du Premier ministre dès son retour de Taïwan portée contre le RSP. Il s’en suivra les auditions durant près de quatre heures par la Gendarmerie de deux officiers de ce régiment que les occupants du Camp Naaba Koom ont vécu comme l’affront de trop. A partir de là, les esprits s’échauffent, et les choses se compliquent. Le départ de Zida et des trois militaires (Bâ, Barry et Kabré) qui siègent au gouvernement est déposé sur la table du président Kafando qui consulte à tout vent. La tenue de l’hebdomadaire Conseil des ministres est hypothétique. Les ministres apeurés sont rassurés par le président Kafando afin qu’ils effectuent le déplacement de la présidence.
Le Moogho Naaba Baongho et les chefs religieux sont associés mais le bout du tunnel ne se montre guère. Le vendredi 3 juillet dernier, une réunion restreinte des généraux de l’armée burkinabè désavoue le Premier ministre. L’homme est véritablement sur la sellette. Les OSC, appelés trivialement «enfants de Zida», placées en embuscade, entrent en scène. Des leaders d’OSC se disent prêts à aller jusqu’au sacrifice suprême dans leur «ferme volonté d’en finir» avec l’ex-garde prétorienne de Compaoré et de protéger leur «mentor et bienfaiteur».
De son côté, le président Kafando consulte et n’écarte pas l’éventualité d’un remaniement qui semble patiner à cause de la réticence des potentiels remplaçants de l’actuel Chef du gouvernement. Luc Marius Ibriga, Contrôleur général de l’ASCE, et Joséphine Ouédraogo, actuelle ministre de la Justice renâclent. Sept ministres menacent de claquer la porte si le président Kafando se sépare de Zida. Le cadre de concertations des partis politiques pris une fois de plus de court, vient à la rescousse du «soldat Zida», visiblement en difficultés. Aux yeux des politiques et comme le mentionnera le président du MPP, Roch Marc Christian Kaboré au soir de son investiture (dimanche 5 juillet 2015), «Les élections présidentielles et législatives doivent impérativement se tenir le 11 octobre 2015, quels que soient les agendas cachés et autres manœuvres inavouables». Comme en février, ils dénoncent une immixtion inacceptable du RSP dans le processus de la Transition devant doter le pays d’un pouvoir démocratique issu des urnes.
Mais le silence du gouvernement inquiète. Des ragots sur les arrestations des ministres proches de Zida sont colportés. Parmi ceux qui seraient en détention figure Auguste Denise Barry, homme lige et bras droit du Premier ministre. Pour les uns, le sort de Zida est scellé, et la Transition est définitivement prise au piège. Contre toute attente, Zida, que dame rumeur avait annoncé démissionnaire (dans la soirée du dimanche 5 juillet), réapparaît le lendemain lundi 6 juillet 2015 à la Base aérienne 511 avec tout son gouvernement pour rassurer le peuple burkinabè avant de s’envoler vers l’Eburnie pour une visite de travail. «J’ai suivi comme vous les déclarations erronées dans la presse hier. Je voulais saisir cette occasion pour vous dire qu’il n’en est rien. Au sein du gouvernement, il y a aucune crise. Le Premier ministre est toujours en place. Plaise à Dieu» a-t-il indiqué avant de s’indigner de l’attitude d’une certaine presse en ces termes: «Nous pensons qu’il faut que la presse soit désormais professionnelle. Qu’elle vienne à la source pour chercher les informations avant de les diffuser. Parce que, certains d’entre vous ont jeté le trouble au sein de la population».
En attendant le prochain développement de cette affaire qui est loin d’avoir connu son épilogue, Zida aura réussi à se maintenir en dépit de l’animosité dont il fait l’objet au sein de son régiment d’origine.
W. Davy

A propos Fréderic Tieo

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3 comments

  1. Il est souhaitable que toutes les parties se mettent en rang serré pour les scrutins du 11 octobre 2015. Toute autre attitude est indigne. Arretons vite ces querelles de clocher. Les nostalgiques de Blaise doivent se rendre à l’évidence que la partie est perdue!

  2. comment dans une transition démocratique, un régiment militaire veut obliger le président à se débarrasser du premier ministre? c’est purement et simplement un coup d’Etat constitutionnel car ce n’est pas librement qu’il le fera et cela n’est pas acceptable. Je ne suis pas politique mais je veille au grain et je ne crois pas que le président ose se mettre la population sur le dos et risquer lui-même une mauvaise sortie.
    Toutes ces situations nous montrent quel était le régime qui nous commandait. Je ne défend pas le premier ministre mais le respect des institutions et je refuse qu’un régiment perturbe la vie des honnêtes gens. Si des gens ont peur pour leur avenir, qu’ils s’en prennent à leur passé ! ! et non à Zida. On s’attendait à quoi ? qu’il joue la marionnette de l’ancien régime? C’est raté ! C’est eux qui l’on placé par la force au vu et au su de tout le monde mais ils ont oublié que c’est un homme et que l’on ne peut prévoir la suite. Dans tous les cas, si les choses tournent autrement, on sortira et croyez moi, ce sera compliqué.

  3. Le RSP gagnerait plutôt à redorer son blason auprès des burkinabé qui ont cessé de voir en lui, non pas une troupe d’élite prêt à en découdre avec tout ennemi qui viendrait agresser notre beau pays, mais une armée de soudards au service d’un seul individu et de son clan et qui s’est négativement illustré par des assassinats, des tueries, des enlèvements, des disparitions qui ont endeuillé tant de familles de ce pays. Partie intégrante de l’armée nationale, les sorties intempestives des hommes de ce régiment mettent à mal la cohésion au sein de de la « Grande Muette » qui du coup, cesse d’en être, pour devenir l’ Abbaye de Thélème de Rabelais. La discipline qui fait la force des armées y a foutu le camp depuis belle lurette. Il n’est pas normal que quelques individus, connus de tout le monde continuent de prendre en otage l’avenir de jeunes soldats qui ne sont ni près ni de loin mêlés aux actes criminels qu’ils ont posés . Personne ne veut la disparition du RSP. Ce que l’ on demande, c’est le départ de ce corps, de quelques vieux dinosaures qui continuent de tirer les ficelles dans l’ombre et ne sont pas prêts de se retirer pour faire la place à un régiment plus « républicain » situé en dehors des murs de Kossyam et résolument engagé pour La Défense du territoire national.

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