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Les enfants des martyrs pupilles de la Nation?

Il faut saluer avec la plus grande déférence l’organisation de la journée d’hommage aux martyrs de l’insurrection. Ils sont des héros nationaux même si Né Wendé, dans son ‘’farandé’’, dira des ‘’zhéros nationaux’’, lui aimant les liaisons osées. Faisons, nous aussi, une liaison entre cette journée d’hommage et l’acte que les députés ont oublié de poser. Certains diront ‘’pourquoi les députés intérimaires’’?

Les parents des martyr recevant leurs décorations à titre posthume
Les parents des martyr recevant leurs décorations à titre posthume

Eux d’abord, parce qu’ils nous représentent, ils sont la voix des sans voix. Voilà pourquoi l’opinion a attendu en vain cet acte fort qui serait que les députés de la Transition décident de donner l’équivalent d’un mois de salaire pour subvenir aux besoins des blessés. C’est important.
Certains ont été vus le jour de la célébration des martyrs. Franchement, leur situation est difficile. Le problème n’est pas seulement une question de soins; beaucoup sont guéris mais gardent les stigmates des balles de fusils qui ont traversé leur corps. Conséquence, ils sont devenus des handicapés, rendant toute possibilité de production physique impossible.
Un grand garçon, qui se débrouillait comme on dit, pour soutenir sa petite famille et même la grande (n’oublions pas que nous sommes sous les tropiques) et voilà qu’au détour d’une insurrection, ce débrouillard se retrouve à la charge de la famille qui tirait déjà depuis longtemps les derniers poils de la queue du diable. C’est difficile, insupportable, si on ne fait rien, il y aura encore et encore des victimes collatérales de l’insurrection.
Car comme les Latins le disent, «primo vivare, secundo phylosophare» (il faut d’abord vivre pour pouvoir faire des thèses philosophiques).
Les blessés de l’insurrection ont grand besoin de soutien financier hic et nunc, en attendant la justice.
Il y a aussi le cas des familles des martyrs. Il est incompréhensible de constater qu’à l’occasion de l’hommage qui leur a été rendu, les autorités de la Transition n’ont pris la décision de déclarer ‘’pupilles de la nation’’, les enfants des martyrs. Il faut cela pour que ces enfants-là ne grandissent pas dans la misère parce que le père nourricier n’est plus de ce monde à cause de l’entêtement de politiciens assoiffés de pouvoir.
Ousmane Hébié

A propos Fréderic Tieo

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