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Le ventre mou de la Transition nommé Joséphine ou Justice

JUSTICE – La réussite de l’insurrection passait nécessairement par le jugement des dossiers de crimes économiques et de sang dont on accablait le régime Compaoré. En tout cas, le peuple avait cru qu’avec la Transition, le contentieux judiciaire allait être vidé.

Joséphine Ouédraogo, Garde des Sceaux
Joséphine Ouédraogo, Garde des Sceaux

Aujourd’hui, l’on constate que justement, c’est dans le domaine de la justice que la Transition piétine. Sept mois après l’insurrection et à cinq mois de la fin de la Transition, la justice balbutie, elle dandine tel un zig qui vient de quitter des funérailles, bourré de dolo.
Les autres ministres peuvent ne pas ‘’mouiller le maillot’’ et on ne le constatera pas. Mais pas Fifine qui est restée jusque-là amorphe et aphone, alors que ses concitoyens avaient placé une grande confiance en elle. En dehors d’un Face à la presse et lors des états généraux sur la Justice, Joséphine Ouédraogo, ci-devant ministre de la Justice, de la Promotion civique et des Droits humains, Garde des Sceaux, est aux abonnés absents. Il y a des questions urgentes, des priorités partout mais si la soif de justice était étanchée, cela calmerait un tantinet les autres attentes. Car, c’est parce qu’il y a impunité et crimes économiques ajoutés à la volonté de modification de l’article 37 pour perpétuer ces délits que le divorce est intervenu entre Blaise Compaoré et ses compatriotes. «Les uns mangent, les autres regardent, ainsi naissent les révolutions.» C’était une maxime de la Révolution d’août 83 qui trônait devant la Garde nationale de la Révolution devenue Garde nationale, aujourd’hui dissoute.
Véritablement, Joséphine Ouédraogo doit avoir des problèmes de contact avec ses collaborateurs du système judiciaire. N’étant pas du milieu et ayant vécu longtemps à l’extérieur, sa ‘’réintégration’’ ne semble pas prendre facilement. Elle n’a probablement pas ces Hommes sur lesquels compter pour faire avancer la machine. Elle devient comme un corps étranger dans la soupe. Voilà pourquoi tout est statique, si on ne peut pas parler de recul.
Les Burkinabè avaient commencé à applaudir les arrestations d’anciens dignitaires qui devraient se justifier des délits qu’on leur reprochait, à tort ou à raison. Mais dès que la clé a tourné dans le contact, les bougies se sont noyées. Et Dieu sait quand est-ce que ces fameuses assises criminelles tant attendues et remises sine die vont démarrer.
C’est pourquoi il faut nouer au plus tôt le dialogue avec les hommes en robes noires pour lancer le moteur. Il y a du vrai dans ce qu’ils disent et il va falloir accéder à cela. Quand on donne des dossiers dans des délais qui ne permettent pas de mieux les préparer pour les défendre, il faut reconnaître que c’est envoyé les accusés à la guillotine.
Les avocats ne sont pas non plus des crève-la-faim qui ne peuvent pas se sacrifier! Mais ils veulent des égards comme ceux dont jouissent les jurés qui reçoivent les serments et qui reçoivent leurs défraiements aussitôt après la cérémonie de prestation de serment. Le préfet, le haut-commissaire, le gouverneur, le ministre, le Premier ministre et le président du Faso reçoivent leurs ‘’vloppes’’ des organisateurs aussitôt après avoir présidé une cérémonie. Pourtant, ils sont payés pour cela. L’avocat, il vit de ses honoraires. Il n’a rien d’autre où les autres ont des salaires.
Plus rien ne sera comme avant, c’est pourquoi il faut mettre fin à cette injustice. Il ne faut pas croire que nous les défendons pour un retour d’ascenseur lorsque nous serons trimballés devant les tribunaux par des mal types hein, mais nous comprenons leur situation car les journalistes sont logés à la même enseigne.
Combien de fois, pour des cérémonies, on a dit à leur nez que le volet communication n’a pas été budgétisé? Et cependant, les pseudos artistes qui vont venir sautiller et exhiber leurs fitini ou bobaraba sont pris en considération. Alors que sans presse, pas de visibilité. La maîtresse ne pourra pas voir son ‘’gros bébé’’ dans les médias… Tout le monde sera servi en perdiem mais on dira qu’ailleurs l’info s’achète, oubliant que la plupart des activités qui se mènent sous les tropiques sont des actions de communication, pas des infos.
Lougouvinzourim

A propos Fréderic Tieo

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