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La vente du maïs grillé, une activité qui nourrit des familles!

En cette période hivernage, la vente du maïs grillé est devenue l’activité préférée de plusieurs femmes à Ouagadougou. Il est difficile de faire un tour dans le centre-ville, les quartiers résidentiels et/ou périphériques, sans voir une femme qui exerce cette activité. Le phénomène a pris de l’ampleur à tel point que nous nous sommes posé la question de savoir ce que ces femmes faisaient comme travail avant que l’hivernage ne s’installe et à quoi sert l’argent qu’elles gagnent.

Le maïs grillé est beaucoup aimé par de nombreux ouagalais
Le maïs grillé est beaucoup aimé par de nombreux ouagalais

Si, dans certains pays côtiers, les femmes s’adonnent à la grillade du poisson et de la banane, au Burkina Faso, pays enclavé, c’est plutôt le maïs qui est chauffé sur des fourneaux avec soins par des femmes et des jeunes filles pendant les vacances, une période qui coïncident avec la saison des pluies. On ne peut plus faire un mètre aux abords des rues et dans les quartiers de Ouagadougou sans voir une femme assise avec un fourneau, éventail en main en train de griller du maïs. Cette période est propice pour ce commerce, dans la mesure où il est plus facile de se procurer du maïs frais. «Je ramassais du sable vers Balkuy. Mais, comme c’est la période du maïs, j’ai arrêté pour vendre ça, car le travail que je faisais avant était pénible et n’était pas trop rentable», nous révèle une dame qui vend du maïs grillé à Ouaga 2000.

Cette dame contribue à travers son commerce à nourrir sa famille
Cette dame contribue à travers son commerce à nourrir sa famille

Selon ses confidences, elle commence son activité entre 8h-9h du matin pour rentrer à 20h. «Par jour, j’achète le maïs à côté du Camp 11-78 pour 5 000 F, et je peux gagner 2 000 F de bénéfice», dévoile-t-elle. Grâce à cette activité, cette dame dit aider son mari qui n’a pas un travail stable à nourrir et à scolariser leurs trois enfants. Cependant, regrette-t-elle, la cherté du maïs constitue un obstacle pour son commerce. «Cette année, le maïs est cher. L’année passée, on pouvait avoir 4 ou 5 épis à 200 F, mais cette année, 3 épis coûtent 200 F», déplore-t-elle, avant d’ajouter qu’en plus de cela, le seau de charbon qui coûtait 300 F est passé à 500 F. Cette situation s’explique, selon elle, par l’arrivée tardive des pluies qui n’a pas favorisé les récoltes.
Comme cette dame, elles sont nombreuses à soutenir leur époux à travers cette activité. «Avant, je ne faisais rien, mais comme c’est l’hivernage, j’en ai profité pour faire quelque chose et soutenir mon mari, parce qu’il se débrouille, et quand il revient et ne trouve rien à manger, c’est la bagarre et les injures», a témoigné une autre vendeuse, tout en précisant que c’est quand elle finit les travaux ménagers à la maison qu’elle sort pour vendre. Et d’ajouter: «Avec 1 000 F de maïs acheté, je peux avoir au moins 250 F à 500 F de bénéfice».

Aïcha, élève en classe de 6e  se bat pour aider ses parents à  payer ses fournitures
Aïcha, élève en classe de 6e se bat pour aider ses parents à payer ses fournitures

En plus de l’hivernage, cette période coïncide avec les vacances scolaires, et certaines élèves en profitent pour se faire de l’argent afin de préparer leur rentrée scolaire. «Je suis élève en classe de sixième et comme ce sont les vacances et que je ne veux pas trainer à la maison sans rien faire, j’ai préféré vendre du maïs grillé et payer mes fournitures avec l’argent que je vais gagner», affirme Aïcha, qui vend régulièrement du maïs grillé dans le quartier Trame d’accueil, durant les vacances. Idem pour Mounira, élève en classe de seconde qui affirme vouloir aider ses parents à préparer sa rentrée scolaire prochaine. «Je me lève très tôt pour aller chercher le maïs à côté du Camp 11-78 où à Namentanga. Je commence à partir de 8h et c’est vers 21h que je rentre à la maison, bien sûr avec la permission de mes parents. J’achète le maïs frais pour 2000 F et je peux avoir 750 à 1 000 F de bénéfice. Avec cet argent, je vais payer mes fournitures et mes parents vont se charger de la scolarité», se réjouit-elle.
Madina Belemviré

A propos Fréderic Tieo

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