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Journée internationale sans sac plastique: Quid de la loi interdisant le sachet plastique au Burkina?

Le monde entier célèbre le 3 juillet de chaque année, la journée internationale sans sac plastique. Pour marquer d’une pierre blanche cette journée, Plateforme Re-sources a rencontré la presse le jeudi 2 juillet 2015 à Ouagadougou pour tirer la sonnette d’alarme sur les difficultés de mise en œuvre de la loi portant interdiction de la production, de l’importation, de la commercialisation et de la distribution des emballages et sachets plastiques non biodégradables au Burkina Faso.

Les animateurs de la conférence de presse
Les animateurs de la conférence de presse

Cette loi a été adoptée le 24 mai 2014 et est entrée en vigueur le 21 février 2015. Mais un an après son adoption, des interrogations subsistent pour ce qui est des mesures prises par le gouvernement par rapport à sa vulgarisation ainsi que des alternatives pouvant aider à l’abandon des emballages non biodégradables. «Nous avons souhaité faire le point de cette loi après une année. A l’occasion de cette journée, nous demandons à nos populations de revenir sur les bonnes vieilles habitudes; revenir encore aux sacs en jute, en coton ou en carton, aux paniers que les gens utilisaient pour aller au marché», a souhaité Bernard G. Nonguierma, Coordinateur environnement de la plateforme Re-sources. Un souhait qui émane d’un constat. «On constate aisément que les services s’appuient actuellement sur des éléments d’appréciation peu techniques pour les besoins d’homologation. A l’intérieur du pays, plusieurs personnes sont étonnées d’entendre parler de ladite loi parce qu’elles ne la connaissent pas (…) Un gros travail d’information, d’éducation et de communication reste à faire à l’endroit de toutes les composantes de la société afin de les amener à comprendre le bien-fondé de cette loi et à adopter des comportements éco-citoyens.

Bernard G. Nonguierma, Coordinateur Environnement de la plateforme Re-sources
Bernard G. Nonguierma, Coordinateur Environnement de la plateforme Re-sources

Un autre constat non moins important est l’absence de promotion d’alternatives aux emballages plastiques non biodégradables», a déploré Bernard Nonguierma qui a également fait savoir que plus de 500 milliards de sacs plastiques sont distribués dans le monde d’après l’association anglo-saxonne Reuse it. La quantité de déchets plastique produite sur tout le territoire burkinabè se situe entre 200 000 et 300 000 tonnes par an dont 40 000 pour la seule ville de Ouagadougou, selon les données citées par la Plateforme. Or, les impacts négatifs liés à leur prolifération ne sont plus à démontrer. «Aujourd’hui, plus de 34% de la mortalité du cheptel au Burkina Faso est liée à l’ingestion du plastique par les animaux», a remarqué le Coordinateur. Pour ce dernier, les sachets plastiques se retrouvent partout dans les rues, dans les lieux publics et dans les champs. Avec les pluies, ils s’engouffrent dans les caniveaux, empêchant l’écoulement de l’eau et ceci peut engendrer des inondations. De plus, une dégradation de la qualité de l’air est occasionnée par l’incinération non contrôlée des déchets plastiques qui libèrent des substances polluantes souvent cancérigènes et par conséquent, très dangereuses pour la santé humaine. Face à cette situation, la plateforme Re-sources propose aux autorités politiques nationales de prendre toutes les dispositions pour que l’application de la loi soit effective au Burkina Faso. Et pour ce faire, elle leur recommande de mettre en œuvre et identifier la stratégie de communication autour des sachets plastiques dans toutes les régions du pays, de réaliser des actions d’information et de formation vers les acteurs clés afin d’obtenir une meilleure implication de ceux-ci, de promouvoir les emballages écologiques ainsi que la défiscalisation de tous les emballages importés. La plateforme recommande également de mette en place un fonds étatique pour la promotion et le financement d’activités de recyclage et de valorisation d’emballages plastiques, de déployer et communiquer davantage sur le programme de traitement et de valorisation des déchets plastiques, d’appliquer réellement les pénalités aux contrevenants, puis de privilégier une collaboration sous régionale dans la mise en œuvre de la loi. Afin d’accompagner la mise en œuvre de celle-ci, la structure a entrepris de mener des actions de veille et de plaidoyer sur le terrain. La plateforme Re-sources, créée en 2013, est un réseau international d’experts composé de 38 organisations et institutions dans 12 pays et qui a pour objectif d’améliorer la gestion et la valorisation des déchets dans les villes d’Afrique et des Caraïbes.
Omar Compaoré

A propos Fréderic Tieo

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2 comments

  1. Tout d abord je salue votre projet et vous encourage à le mener à bien. Effectivement vous vou attaquez à un problème de taille. Concrètement, comment allez-vous mettre en oeuvre votre projet. Comment arriver à endiguer le problème de l anvahissement du Burkina par les sachets. C est un problème qui dure depuis quelques année. La population a pris l habitude d utiliser des sachets pour tout est pour rien.
    Qui se chargera de semsibiliser la population et comment?

  2. La Plateforme Re-Sources est un réseau d’experts dans le domaine de la gestion et le traitement des déchets solides en Afrique et dans le Caraibes. Le plastique est une composante majeure des déchets dans la mesure ou il occupe entre 2 à 12%. La contribution de la plateforme à la lutte consistera à mener des actions de veille sur l’application de la loi au Burkina comme dans d’autres pays comme le Togo, le Cameroun…Ces actions nous permettrons ensuite de mener des activités d’interpellation et de plaidoyer auprès des autorités. En plus, certains de nos partenaires collectent et transforment le sachets plastiques sous forme de matériaux de construction (pavés, briques auto-bloquantes…). Ces mêmes partenaire communiquent régulièrement sur cette loi lors des rencontres avec la population afin de mieux faire connaitre la loi.

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