Home / Déclarations-Communiqués / Interpellation du N°2 du MNLA: que faisait Mohamadoune Djeri Maïga au Burkina?

Interpellation du N°2 du MNLA: que faisait Mohamadoune Djeri Maïga au Burkina?

C’est au moment où les Burkinabè saluaient l’épilogue du putsch avec l’arrestation du général Diendéré, chef de file des soldats du RSP qui ont voulu faire intrusion dans la conduite des affaires de l’Etat, que l’information de la brève interpellation de Mohamadoune Djeri Maïga, vice-président du Mouvement national pour la libération de l’Azawad, a été rendu publique. Selon cette source, l’homme, qui était sur le sol burkinabè depuis quelques jours, tentait de prendre son vol pour une autre destination. Cette brève interpellation, qui intervient alors que le Pays des Hommes intègres tente encore d’éteindre la braise encore fumante du putsch manqué du 17 septembre 2015, soulève moult interrogations.

Mohamadoune Djeri Maïga est connu pour sa proximité avec le chef des putschistes du 17 septembre 2015.
Mohamadoune Djeri Maïga est connu pour sa proximité avec le chef des putschistes du 17 septembre 2015.

Primo, il y a l’identité de l’illustre visiteur, qui n’est pas à sa première randonnée au Burkina. C’est connu, sous l’ère Compaoré, certains tauliers de ce mouvement séparatiste malien avaient élu domicile dans l’hôtel le plus huppé de la capitale et fréquentaient les caciques du moment sans aucune discrétion. Alors, que cachait sa présence au Burkina Faso en ces moments troubles, quand on sait sa proximité et son degré de loyauté vis-à-vis de ce qui subsiste du système Compaoré?
Secundo, dans un communiqué émanant du service d’information du gouvernement, il était fait cas d’une complicité entre ex-putschistes et forces djihadistes en vue d’une déstabilisation du pays. Deux généraux en l’occurrence, Djibrill Bassolé, seul général de la gendarmerie et l’ancien bras droit de Blaise Compaoré, avaient été nommément cités. Ils ont, du reste, été arrêtés et placés en lieu sûr. Pourquoi celui qui apparaît comme un suspect sérieux dans cette opération de déstabilisation a-t-il été arrêté et relâché quelques heures plus tard? C’est cette information qui a jeté la panique au sein des populations.
Tertio, dans le même communiqué, il est demandé vigilance et franche collaboration aux populations pour débusquer les éventuels collabos. Cette information ne méritait-elle plus de précaution de la part de l’Etat burkinabè? En permettant à Mohamadoune Djeri Maïga de poursuivre son voyage, le gouvernement ne laisse-t-il pas filer une source d’informations supplémentaires sur les tentatives de déstabilisation que risque le Burkina?
Pour sa part, dans une interview accordée à nos confrères de Jeune Afrique, l’homme clame son innocence dans le putsch perpétré par Gilbert Diendéré et ses ouailles. «Non. Ce sont des allégations infondées. La preuve, c’est qu’aucun membre de nos familles n’est sorti du pays. Nous sommes cinq ou six dirigeants de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) à vivre à Ouagadougou, et aucun d’entre nous n’a envoyé ses proches dans un autre pays» a soutenu le numéro 2 du MNLA.
Par ailleurs, il explique les raisons de son départ en ces termes: «Je devais me rendre à Bamako pour participer à la rencontre du comité de suivi des accords d’Alger. J’aurais dû partir lundi, mais le vol a été annulé. Puis mardi, vol annulé aussi. Finalement, notre avion devait décoller hier (jeudi 1er octobre) à 15 heures. Je me trouvais dans le salon d’honneur de l’aéroport quand des gendarmes sont venus me trouver. Ils m’ont emmené dans un autre salon de l’aéroport. Deux colonels et des enquêteurs sont arrivés. Ils m’ont posé des questions en rapport avec le fait que des forces extérieures auraient tenté de prêter main forte aux putschistes».
En attendant, c’est une opinion nationale en quête d’informations qu’il faudra convaincre de la justesse de cette libération qui pourrait paraître «hâtive». D’ores et déjà, plusieurs voix se sont élevées pour exprimer leur incompréhension de ce geste du gouvernement. Espérons tout de même qu’il soit raisonnable!
W. DAVY

A propos Fréderic Tieo

Voir aussi

Projet de parc solaire à vocation regionale(PSVR) au Burkina Faso : publication de la nouvelle version du mécanisme de gestion des plaintes

PSVR_Mécanisme de Gestion des Plaintes (version française) 00

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *