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Instances africaines au chevet du Burkina Faso

Les craintes du PF sont certes fondées. D’infos à rumeurs savamment ventilées dans la population, comme les cabarets ouagalais les aiment, on sait que quelque chose ne tourne pas rond dans les instances supérieures de la Transition. La page semble trop lourde pour être tournée très rapidement parce que les bonzes d’hier sont toujours là, avec espoir de se voir perdurer sur un strapontin à défaut d’un miraculeux retour au statu quo ante. Mais le Burkina Faso, c’est aussi l’Afrique, et on peut compter sur les instances africaines dans des limites raisonnables pour ne pas laisser faire tout et n’importe quoi!

Le siège de l'UA
               Le siège de l’UA

C’est un très bon signe qui, à l’analyse, n’est pas plus une victoire du CDP qu’un désaveu du CNT et des organes de la Transition en général. La CEDEAO a bien signifié que le nouveau code électoral avait des limites dans les termes de la formulation de certains de ses articles, en particulier les passages relatifs à la disqualification de ceux qui, hier, voulaient un pouvoir à vie pour Blaise Compaoré et aujourd’hui voudraient se présenter pour être président à sa place. Il s’agit de toiletter le texte pour que cela ne soit pas une porte ouverte à des excès d’exclusion.
Après tout, nous sommes ensemble, fils d’un même Burkina, et si quelqu’un le mérite et n’a pas d’autres obligations, engagements ou ne se trouve pas dans une situation qui le disqualifie de fait ou de droit, pourquoi lui barrer le chemin pour ces présidentielles? Nous avons encore près de trois mois pour y aboutir, et cette affaire de transition est une urgence qui mérite de s’ouvrir à toutes nos compétences nationales sans exclusives! Tout à fait normal que la CEDEAO fasse ses observations et que, rapidement, dans les règles de la légalité, on les prenne en compte pour plus de clarté donc, de crédibilité de notre nouveau code électoral!

Le siège de la Cour de justice de la Cedeao
Le siège de la Cour de justice de la Cedeao

Sentant le danger qui plane sur la paix quand des militaires de haut rang et de haute fonction comme le Général de Brigade Diendéré et le Premier ministre Zida en viennent à ne plus s’entendre, l’Union africaine donne aussi de la voix! Une suite logique au discours SOS du Président Kafando qui, par sa breveté, ressemble quelque peu à un télégramme. Madame Zuma et son équipe ont été claires: pas question de laisser s’enflammer un nouveau foyer de tension qui pourrait conduire à un embrasement dans la sous-région.
Tout cela redonne un peu d’espoir, malgré le désintérêt et les doutes qui entourent les actions de ces instances panafricaines qui n’ont jamais vraiment réussi à imposer une permanente autorité aux Etats membres. Mais, quelques victoires isolées sont à leurs actifs et il ne serait pas bon pour personne au Burkina Faso d’aller contre leurs injonctions. A petit pas certes, mais l’Afrique avance quand même, et il vaut mieux le savoir et l’encourager. Le reste est une question de moyens à pourvoir, une affaire qui regarde les Etats membres.
T. Niger

A propos Fréderic Tieo

Voir aussi

L’intégralité du discours de Zéphirin Diabré

Discours CFOP du 29 avril 2017 00

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