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Il faut chasser les fantômes fonctionnaires

L’info sortie du bilan du billetage effectué par la fonction publique a été tournée et retournée en mille faces: environ 1200 travailleurs fantômes émargeaient chaque fin du mois au compte de l’Etat. On les appelle avec une certaine poésie qu’ils ne méritent pas d’ailleurs, les ‘fonctionnaires fictifs’. cette ‘fictivité’ coûte malheureusement des milliards de FCFA au pays. C’est énervant.

Cet agent de l'Etat est passé à la caisse en présence de la ministre Amina Bila
Cet agent de l’Etat est passé à la caisse en présence de la ministre Amina Bila (photo d’illustration)

Si ce sont des travailleurs fantômes, tout le monde sait ce qu’on fait aux fantômes: on les chasse. Il y a quelques années de cela, quand l’ex-président de l’Assemblée nationale était ministre de la Fonction publique, une agence de presse internationale avait fait état des fonctionnaires fictifs. Le ministre, à l’époque, s’était élevé contre cette nouvelle, estimant que cela peut porter préjudice au pays en ce sens que les partenaires financiers vont refuser de délier la bourse car une telle affaire est signe de mauvaise gouvernance.
Voilà qu’à la faveur d’un billetage, on découvre l’effroyable; l’argent du peuple est ‘mangé’ de façon impunie par des travailleurs sans foi ni loi. Et leur nombre élevé inquiète car cela fait penser à une organisation de mafieux pour piller le Faso. Un millier de sangsues, c’est beaucoup! Non seulement ils ont pris les places des jeunes qui veulent bien servir le pays, en plus ils se font payer sans rien faire. Alpha Blondy, le rasta ivoirien, aurait dit sans détour, «les salauds ont volé mon pays, ça me fait si mal si mal…». Maintenant que le pot aux roses est découvert, il faut des actions fortes.
Primo, le gouvernement doit publier la liste de ces prédateurs. Et Les Echos du Faso sont dispos pour cela. Comme ça, tout le monde saurait si, parmi eux, il y a des donneurs de leçons qui ne sont en fait que des escrocs en col blanc.
Deuxio, il faut des mises en accusation car plus rien ne doit être comme avant, surtout le mauvais côté des choses.
Tertio, ce gouvernement, qui a mal à sa com politique, doit saisir cette occasion pour redorer son blason. Il ne faut rien cacher, même si un des mis en cause s’engage à rembourser, il faut tout dévoiler au peuple. Car sous Blaise Compaoré, des opérations billetage avaient mis à nue des malversations ou même des vols crapuleux du genre, mais des «en haut de haut» ont tu l’affaire, protégeant leurs hommes.
Quand on voit que la grande majorité des Burkinabè en est toujours à s’accrocher aux derniers poils de la queue du diable et que des bandits ‘’pèquent’’, pour emprunter au vocabulaire estudiantin, sans fournir le moindre effort, ça fait mal. Et ce sont des fonctionnaires bidons du genre qui sont en même temps des opérateurs économiques sans avoir les papiers nécessaires. Ils vont à Lomé, à Dubaï et font du trafic d’influence pour ramener des marchandises sans payer normalement les douanes. Ils roulent carrosse, ont des immeubles dans le quartier huppé de Ouaga 2000.C’est pas juste, Monsieur le Premier ministre, on attend des actions fortes.
O. H.

A propos Fréderic Tieo

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