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Femmes dans les sphères de décisions: le Burkina a fait un grand pas!

La discrimination fondée sur le sexe persiste dans divers aspects de la vie – dans le monde entier et plus encore en Afrique – et ce malgré les progrès considérables réalisés dans le domaine de l’égalité entre les sexes au cours des dernières décennies. La nature et l’ampleur de la discrimination varient considérablement à travers les pays et les régions. Mais les tendances sont frappantes. L’égalité des droits juridiques, sociaux et économiques entre les femmes et les hommes est chose rare dans les pays en développement. Les inégalités fondées sur le sexe sont répandues dans les domaines de l’accès aux ressources et leur contrôle, des opportunités économiques, du pouvoir et de l’opinion politiques.

Hadizatou Rosine Coulibaly Sori - Ministre de l’Économie, des Finances et du Développement
Hadizatou Rosine Coulibaly Sori, ministre de l’Économie, des Finances et du Développement

Les inégalités entre les sexes pèsent d’un grand poids sur la santé et le bien-être des hommes, des femmes et des enfants, et affectent leur capacité à améliorer leur vie. Outre ces coûts personnels, les inégalités entre les sexes réduisent la productivité dans les entreprises, amoindrissant ainsi les perspectives de réduire la pauvreté et d’assurer le progrès économique. Les  inégalités entre les sexes affaiblissent aussi la gouvernance d’un pays et donc l’efficacité de ses politiques de développement.

Les femmes et les filles supportent les conséquences les plus lourdes et les plus directes de ces inégalités. Toutefois, les conséquences ont des ramifications plus profondes dans la société, et finalement tout le monde en souffre. Pour ces raisons, l’égalité entre les sexes est un problème essentiel de développement- un objectif de développement en soi. Elle renforce les capacités des pays à croître, à réduire la pauvreté et à gouverner efficacement. Promouvoir l’égalité entre les sexes constitue donc une composante importante d’une stratégie de développement qui vise à permettre à tout le monde- femmes comme hommes -d’échapper à la pauvreté et d’améliorer son niveau de vie.

Le développement économique offre beaucoup de possibilités d’améliorer l’égalité entre les sexes à long terme. De nombreuses indications dans le monde appuient cette assertion. Mais la croissance à elle seule ne produira pas les résultats escomptés. Il faut aussi un environnement institutionnel qui garantisse les mêmes droits et les mêmes opportunités aux femmes et aux hommes et des mesures politiques qui s’attaquent aux inégalités persistantes.

Ainsi, pour hausser la présence des femmes en politique, des quotas sont imposés dans plusieurs pays comme le Burkina Faso. Il s’agit parfois d’une décision des partis, ou encore de mesures légales qui imposent d’inscrire un nombre déterminé de candidates dans leurs rangs.

Sans la part contributive des femmes, le développement véritable sera un leurre
Sans la part contributive des femmes, le développement véritable sera un leurre

Mais si des quotas sont imposés dans certains pays quant aux candidatures politiques, il est plus rare de voir de telles mesures pour les exécutifs. L’idée paritaire est toujours appliquée aux élections, aux candidatures, à la représentation au Parlement, mais elle est peu pensée pour les cabinets.

Le plus souvent la tendance de fond lourde en Afrique, c’est que les femmes héritent toujours de ce qu’on appelle les « portefeuilles roses », plus sociaux, plus socioéconomiques, plus culturels, et que les dossiers à saveur économique, financière, internationale reviennent encore plus aux hommes. Contrairement à cette tendance le Burkina peut donc se féliciter d’avoir fait un grand pas  en nommant une femme ministre de l’Économie, des Finances et du développement. Reste à faire un plus grand pas : nommer un jour une femme Premier Ministre.

En réalité, la volonté des élites politiques de mettre en application des quotas et de les respecter est primordiale. En effet, au-delà de la pénalité que chaque pays peut appliquer au quota genre pour qu’elle soit traduite dans les faits, il faut l’ingrédient fondamental, dont ne peut pas se passer: la volonté politique. L’engagement politique et la mise en place de stratégies sont des préalables indispensables pour faire avancer la représentation des femmes en politique.

Théophile MONE

A propos Fréderic Tieo

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