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Etait-ce alors Barry le vrai ou l’autre problème, ou un faux problème?

Depuis le réaménagement technique du gouvernement de la Transition, la situation nationale semble redevenue calme. Si calme, avec à la clé des appréciations d’ensemble positives des dernières mesures prises par le chef de l’Etat, que l’on est tenté de se demander qui était le véritable problème dans cette crise. Une interrogation d’autant plus pertinente que le Premier ministre, Isaac Zida, dont la démission semblait la seule solution à la décrispation du climat national, est toujours en place.

Le ministre Auguste Denise Barry.
Le Colonel Auguste Denise Barry

Il ressortait pourtant des informations ayant fuité lors des échanges qu’ont eus le Comité des sages avec les composantes des forces vives de la Nation, que toutes les parties prenantes à la crise étaient restées fermes sur leurs positions. Ceux qui réclamaient le limogeage du chef du gouvernement ont-ils fini par réviser à la baisse leurs prétentions pour se contenter de l’homme de main de ce dernier? Ou est-ce le président du Faso qui a fini par s’imposer en leur tendant, en lieu et place du gros morceau qu’ils lorgnaient, l’os que représente le désormais ex-ministre Auguste Barry, bras droit du PM?
En attendant de probables fuites pour en savoir davantage et exactement sur le contenu réel du deal qui a rétabli la sérénité au Pays des Hommes intègres, l’on ne peut que partir sur ces deux hypothèses, entre autres, pour supputer et s’interroger.
Si ce sont les frondeurs qui l’ont exigé, soit parce qu’il a osé interpeller leurs chefs, soit à défaut de la mère, de se contenter de la grand-mère, il faudra alors comprendre que la crise n’a pas été totalement désamorcée et que tout peut arriver à n’importe quel moment. Yacouba Isaac Zida serait alors en sursis et devra se tenir désormais droit dans ses bottes pour éviter toute décision ou tout comportement qui pourrait friser la provocation et irriter ses pourfendeurs. Ce qui pourrait réduire sa marge de manœuvre autoritaire car il ne pourrait exercer pleinement son pouvoir envers tous les Burkinabè de la même manière, obligé qu’il serait de fermer les yeux sur certains écarts de ses ennemis du RSP. Ceux-ci pourraient également d’ailleurs, non satisfaits par la maigre prise, de multiplier les provocations à son encontre pour le pousser à céder.
Dans cette première hypothèse, Auguste Barry serait le vrai ou l’autre problème dans le premier cas, ou juste un fusible, ou un faux problème qu’ils ont utilisé pour remettre à plus tard la survenue des dégâts? Ce qui ne serait pas non plus dommageable et surtout moins ingrat de la part du gouvernement de la Transition dont le ministre remercié était, à vrai dire, la pièce maîtresse, la tête pensante, qui n’hésitait pas à s’exposer pour sauver l’honneur de la république.
Cela est d’ailleurs valable aussi pour la deuxième hypothèse dans laquelle le problème n’aura pas été totalement résolu.
Au total donc, si ce sont les contempteurs de Zida qui ont réclamé par défaut son dauphin, ils ont peut-être opté de procéder par étape en écartant d’abord l’homme lige puis la véritable cible. Si c’est plutôt une imposition de Michel Kafando, la situation est encore latente et plus à craindre, car, à coup sûr, les mécontents ruminent leur ressentiment et préparent leur riposte qui pourrait être plus assourdissante et plus radicale que les précédentes tentatives.
Tout cela n’étant qu’une extrapolation, espérons que toutes ces hypothèses s’infirment pour que se confirme une troisième qui admettrait que les dernières décisions prises par le président de la Transition sont le fruit d’un secret mais sincère consensus. Ainsi, bien qu’ayant fait des dommages collatéraux ou centraux – car l’ancien ministre Barry faisait en réalité partie des militaires dont on exigeait la démission des organes de la Transition – cet effort national aurait réussi à désamorcer toutes les bombes qui menaçaient la stabilité nationale pour n’en laisser aucune à retardement.
Les Echos du Faso

A propos Fréderic Tieo

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