Home / Politique / Désobéissance civile: ce qu’il faut savoir

Désobéissance civile: ce qu’il faut savoir

Après le rejet de la candidature du candidat du CDP à l’élection présidentielle du 11 octobre, le parti a aussitôt organisé une conférence de presse pour faire des annonces: boycotte de l’élection et appel à la désobéissance civile. La désobéissance civile est un droit garanti par la constitution au profit des citoyens. Elle n’est définie dans aucun texte. C’est l’article 167 de la Constitution qui la garantit.

Le Ditanyè et l'hymne du CDP ont été chantés pour commencer
Les animateurs de la conférence de presse où il était question de la désobéissance civile

Si le concept n’est pas défini, la doctrine considère que c’est un moyen par lequel les citoyens peuvent s’exprimer pour contester la légalité et la légitimité des institutions de l’Etat et les décisions qu’elles peuvent prendre. C’est un ultime recours qui peut être utilisé au cas où tous les autres recours légalement prévus se révèlent insuffisants pour apporter des réponses satisfaisantes à des situations de violation grave des droits de l’homme.
Au Burkina Faso, la Constitution indique que l’on peut recourir à la désobéissance civile dans l’hypothèse où le pouvoir politique est usurpé à travers un coup d’Etat ou un putsch. Autrement dit, tout pouvoir qui ne tire pas sa légitimité de la Constitution ne doit pas être accepté par le peuple.
Par exemple, un pouvoir qui manipule les règles constitutionnelles pour se maintenir n’est plus légitime. Un pouvoir qui opprime une frange de la population en bafouant leur liberté fondamentale n’est plus légitime.
La première hypothèse est celle que le Burkina a vécu sous l’ère Compaoré avec le de modification de la Constitution.
La deuxième hypothèse est celle que les Noirs américains ont vécue aux Etats-Unis avant l’adoption du Civil Right Act sous le leadership de Martin Luther King; l’Afrique du Sud sous la domination blanche a vécu la même situation; l’Inde aussi, sous domination britannique.
Et dans les trois derniers exemples, les peuples opprimés ont recouru à la désobéissance civile pour exiger et obtenir le respect de leurs droits fondamentaux.
L’appel d’Achille Tapsoba s’assimile plus à un appel à la participation à un mouvement de déstabilisation. Et cette infraction est prévue et sanctionnée à l’article 115 du Code pénal. Les auteurs d’une telle infraction encourent dix à vingt ans d’emprisonnement.
Du reste, c’est ce qui a peut-être fait peur à Eddie qui a immédiatement formulé des réserves aux propos d’Achille.
SAK

A propos Fréderic Tieo

Voir aussi

L’intégralité du discours de Zéphirin Diabré

Discours CFOP du 29 avril 2017 00

Un commentaire

  1. Bien bien bien! Pouvoir usurpé travers un coup d’Etat ou un putsch!!! Ou quoi encore???

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *