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Dépigmentation: ces femmes qui refusent d’accepter l’ordre normal des choses

Devenir claire est le rêve de certaines femmes. Seulement, la nature n’a pas donné l’occasion à tout le monde de l’être. Chaque continent possède son teint, en fonction des réalités climatiques. Mais des femmes noires, notamment africaines, trouvent moyen de surpasser cette loi de la nature en décidant quand même de changer leur teint.

Photo d'illustration
Photo d’illustration

A Ouagadougou, il est plus facile de trouver une femme claire qu’une femme noire. La dépigmentation est un phénomène qui, en plus de prendre de l’ampleur, occupe une place importante dans la vie de certaines femmes et jeunes filles à Ouaga. En circulation, au marché, dans les maquis et boîtes de nuit, où qu’on aille, on y trouve toujours des femmes dépigmentées. Blanches plus que les Européennes, rouges plus que la tomate, où tout simplement tigres, tellement elles affichent du ‘’tacheté’’ clair-noir. La plupart même font peur par la couleur de leur peau. Soit c’est le visage seul qui est clair et les autres parties du corps sont noires, soit pour celles à qui la dépigmentation a réussi, tout le corps a pris et elles sont blanches, soit pour d’autres, elles sont tout simplement multicolores. Ces dernières n’ont plus leur teint naturel, et ne sont pas non plus claires. On a envie de fuir à la vue de ces dernières. Souvent même on se demande comment une personne peut-elle décider de se ‘’badigeonner’’ de la sorte.
A ce qui se dit, les jeunes se dépigmentent parce que «les hommes aiment les femmes claires». Si cette assertion tenait la route, des femmes qui ont décidé de garder leur teint naturel n’allaient jamais se marier. Mais ce qui est incompréhensible, c’est que même des femmes mariées se dépigmentent. Dans quel but? se demande-t-on. Pour peut-être sauver leur mariage et éviter que Monsieur aille voir ailleurs? Les raisons sont multiples ou inconnues.

Photo d'illustration
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Ce qui est surprenant, c’est que les femmes qui se voilent également sont dans cette affaire. Le port du voile est important pour toute musulmane. Le port des mèches est interdit en islam. Et d’après les prêches qu’on entend par-ci, par-là, toutes les femmes qui portent les mèches n’échapperont pas au feu de l’enfer. Mais la dépigmentation n’est-t-elle pas aussi un pêché? Refuser d’accepter ce que Dieu nous a donné et changer la nature des choses n’est-elle pas un pêché? Bref, comme chacun est libre de ses faits et gestes et comme nul n’a le droit de juger son prochain, nous nous contenterons de ne pas faire un commentaire là-dessus.
Malgré le tapage médiatique, malgré les sensibilisations sur les conséquences de la dépigmentation, les femmes font toujours la sourde oreille. Il suffit de faire un tour chez le dermatologue pour comprendre cela. Il suffit aussi de faire un tour à l’hôpital pour comprendre. Certaines femmes ne peuvent pas subir une intervention chirurgicale parce que leur peau est devenue fragile. A la longue, c’est certain que le cancer de la peau (s’il n’est déjà là) va s’installer au Burkina, car en plus de celles qui utilisent des pommades, lait pour corps, les sérums ou tubes, d’autres choisissent les injectables. C’est désolant parce que les mères qui sont censées déconseiller cette pratique à leurs enfants sont également dans la danse. Espérons que ces femmes vont prendre conscience à temps pour éviter le pire dans l’avenir.
Madina Belemviré

A propos Fréderic Tieo

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