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Communication présidentielle: les interpellations du président Roch à ses concitoyens

La plupart des chefs d’Etat a un calendrier chargé, raison pour laquelle ils ne rendent pas fréquemment compte de leurs missions surtout effectuées à l’étranger. Il y en a qui le font. Mais de temps en temps. Le président Roch a adopté une bonne habitude qu’il faut saluer et encourager: il rend régulièrement compte de ses missions, aussitôt rentré au pays. A chaud. Un exemple à imiter et à suivre. Au nom du principe de la redevabilité.

A son retour de Bruxelles  en début d’après-midi du samedi 18 juin 2016, le président du Faso a fait le bilan de son voyage à la presse
A son retour de Bruxelles en début d’après-midi du samedi 18 juin 2016, le président du Faso a fait le bilan de son voyage à la presse

«Le Président du Faso,  Roch Marc Christian Kaboré, a participé, du 14 au 18 juin 2016 à Bruxelles en Belgique, aux 10e Journées européennes de Développement (JED). A son retour au Burkina Faso en début d’après-midi du samedi 18 juin 2016 à l’Aéroport international de Ouagadougou, il a fait à la presse nationale, le bilan de son voyage qu’il juge satisfaisant».

«Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré est rentré de Niamey le lundi 11 juillet 2016 où il a pris part au 3e sommet du Conseil de l’Entente. A l’aéroport international de Ouagadougou, il a dressé un bilan de sa participation à cette rencontre».

«Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a regagné Ouagadougou le 19 juillet 2016 après avoir participé au 27e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement tenue à Kigali au Rwanda du 17 au 18 juillet 2016. A son retour de Kigali, il a dressé le bilan de son séjour dans la capitale rwandaise».

«Rentré de son voyage à Abidjan, où il a pris part aux travaux du cinquième Traité d’amitié et de coopération (TAC) entre le Burkina et la Côte d’Ivoire, le président du Faso a livré le résumé des conclusions à la presse, à l’aéroport de Ouagadougou.

Ces faits montrent que le président du Faso a constamment à l’esprit que la redevabilité est très importante vis-à-vis de la Nation et des citoyens.

A une époque où bien de responsables n’aiment pas être évalués parce qu’ils pensent que se soumettre à ce périlleux et indispensable exercice c’est donner les verges – à ses supérieurs ou au peuple – pour qu’on les batte, le président Roch démontre le contraire et encourage tous ceux qui ont une parcelle de pouvoir à rendre compte de l’exercice qu’ils en font.

A son retour de Kigali, le président du Faso a dressé le bilan de son séjour dans la capitale rwandaise
A son retour de Kigali, le président du Faso a dressé le bilan de son séjour dans la capitale rwandaise

Le président, par ses comptes rendus réguliers, nous rappelle que nul ne saurait être dispensé de rendre compte de son travail. Comment prétendre qu’on n’a de comptes à rendre qu’à soi-même, alors qu’on a accepté un contrat?

L’attitude du président du Faso est donc une interpellation à plus d’un titre adressée à tous ceux et à toutes celles qui exercent une quelconque responsabilité publique au Pays des Hommes intègres. L’obligation de rendre compte est une garantie de responsabilité dans l’exercice de tout pouvoir. L’obligation de rendre compte est le meilleur moyen à utiliser pour expliquer la responsabilité. Cela entre dans le registre de la redevabilité.

Au moment où tout le monde spécule sur le contenu de notre grenier financier – qui serait vide -, il n’existe pas mille moyens de se sortir dignement de ce bourbier que de bien faire le travail qui nous a été confié dans la transparence.

L’administration publique assure au Burkina Faso, depuis l’accession à l’indépendance en 1960, un rôle indéniable dans le développement économique, social et culturel de notre société.

Les missions assignées aux différentes structures publiques dans ce cadre visent la satisfaction des besoins individuels et collectifs des citoyens. Une haute priorité est accordée par les pouvoirs publics à la manière avec laquelle ces missions sont accomplies. Et la modernisation de la gestion publique au Burkina Faso s’articule autour des axes prioritaires que sont la proximité et l’accessibilité des services publics, l’efficacité et l’efficience des interventions publiques, l’équité et la transparence.

Il est important de noter que l’intérêt du Burkina pour la redevabilité ne relève pas d’un quelconque souci dogmatique mais traduit l’importance qu’accorde un petit pays qui n’a pas été favorisé par la nature, à la gestion efficace de ses ressources limitées au service du bien-être économique et social de ses citoyens.

Vendredi 29 juillet 2016. A son retour de Côte d'Ivoire, le président du Faso rend compte des travaux du TAC
Vendredi 29 juillet 2016. A son retour de Côte d’Ivoire, le président du Faso rend compte des travaux du TAC

La redevabilité constitue un ingrédient essentiel d’une bonne gouvernance dans la mesure où il ne peut y avoir de développement sans un bon gouvernement. Et le bon gouvernement rime avec la compétence et l’honnêteté, le sens des comptes à rendre au public, une large participation de la population aux débats et aux décisions touchant les questions centrales.

Un président ou un gouvernement qui rend compte de ses actions aux citoyens fait donc preuve de redevabilité et de bonne gouvernance. Il rend ce lien inexorable.

La bonne pratique du président Roch qui consiste à faire l’économie de ses travaux à l’extérieur est un signal et un message forts qui invitent à la pratique de la redevabilité et à la diffusion de sa culture au sein des organisations surtout publiques.

Malheureusement, la culture de la redevabilité n’est pas encore suffisamment ancrée dans les esprits et dans les comportements des agents publics burkinabè. La preuve, les meilleures données et les meilleurs comptes rendus ne nous sont communiqués que pendant les grèves. Moments cruciaux où les grévistes sentent le besoin de justifier auprès de l’opinion publique des compétences qui méritent de justes récompenses. Une raison de plus pour que les comptes rendus du président Roch au retour de chacun de ses voyages soient qualifiés d’exemplaires.

Saurons-nous répondre positivement à cet appel du chef de l’Etat à la redevabilité constante et permanente envers ceux qui nous ont investis «chefs»? Vivement qu’il en soit ainsi.

Théophile MONE

A propos Fréderic Tieo

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