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Ce serait donc toute l’Armée!

On pensait que la république n’avait mal qu’à son RSP. Mais l’entrée dans la danse de prétendue hiérarchie militaire, qui demande le retrait de ses représentants des institutions de la Transition, sonne comme une incompréhension. Veut-on saboter le processus?

La hiérarchie
La hiérarchie militaire, lors de l’accueil d’un bataillon de la gendarmerie nationale de retour de Guinée Bissau

Si l’Armée a été appelée par une partie des jeunes insurgés à prendre ses responsabilités face au désordre consécutif à la fuite de Blaise Compaoré, c’est que ces jeunes avaient placé leur confiance en une entité du peuple qui a le sens de l’honneur et de la discipline. La même Armée avait préféré le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida au Chef d’état-major général des Armées à l’époque, qui avait également pris ses responsabilités, en se proclamant président du Faso, suite à la vacance du pouvoir. Le général Nabéré Honoré Traoré a donc été contraint de remettre le pouvoir au lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, ‘’plébiscité’’ par la haute hiérarchie militaire. Voilà pourquoi des ‘’soldats’’ ont été envoyés en mission pour participer à la rédaction de la Charte de la Transition et prendre place dans les instances de cette transition.
A l’époque, une autre frange du peuple avait marqué sa réserve quant à la participation des militaires au processus de la Transition. Malgré cela, les choses sont restées en l’état, jusqu’à l’exacerbation de la crise entre le Premier ministre Zida et ses camarades.
Ce n’est donc pas parce qu’aujourd’hui Zida a des problèmes avec des éléments du RSP que l’Armée va jeter le bébé avec l’eau du bain, risquant par conséquent de créer un blocage du processus de la Transition. ‘’L’insoumission’’ du RSP au commandement général des Armées ne date pas de maintenant. Laisser la Transition à gué, à un trimestre de l’organisation des élections, c’est trahir les jeunes qui avaient placé leur confiance en cette armée et c’est même refuser de servir la Nation.
C’est du pain béni pour ceux qui ne souhaitaient pas l’organisation d’élections dans ce pays. Voilà pourquoi des gens, qui hibernaient depuis leur cuisant désaveu des 30 et 31 octobre, ont saisi l’occasion pour sortir de leur trouille et oser exiger la démission du Premier ministre, du gouvernement, donc un blocage du processus.
On avait cru que c’est le RSP qui vivait sa crise de croissance passagère, avec cette nouvelle race de soldats ‘’Bluetooth’’ qui ne s’accommodent plus de serrer les fesses et les dents. Lorsque le sommet s’y met, il y a lieu de s’inquiéter pour l’avenir du pays.
Mais tout n’est pas perdu. On peut se tromper, l’essentiel étant de se corriger.
Les Echos du Faso

A propos Fréderic Tieo

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6 comments

  1. Franchement si la hiérarchie militaire demande vraiment (j ose jusqu ici ne pas y croire) ça voudrait dire que toute notre armée est soumise au rsp. Sinon il n est pas compréhensible que depuis 9 mois elle se taise et que dès que le rsp lève le petit doigt, elle en fait autant. De plus , en même temps que les gens de l ancien régime. Cela voudrait il dire que de continence ils préparent quelque chose. Contre les élections et que Zida n est que le bouc émissaire?

  2. Savez vous que nous n’avons plus d’armée dans le vrai sens du terme???vous vous souvenez que tout les officiers ont prit la fuite lors des mutineries d’avril 2011???même le célèbre général en intrigues Gilbert Diendéré a pris les jambes à son coup devant la furie des soldats,aucun officier sup n’a eu le cran de se mettre devant la troupe pour la raisonner,nous avons des officiers affairistes plus riches que les hommes d’affaires et les commerçants,toute la couche supérieure de notre armée est à balayé,car elle est pourrie,cela participait de la politique de Blaise,mouiller tout ces gens dans les sales dossiers,ainsi ils se tiendront tranquille,et ne viseront pas mon fauteuil,c’est triste,et c’est proprement irresponsable à 3 mois de la fin de la transition de poser une telle révendication

  3. Évitons de confondre les choses. ZIDA a fait un coup pour prendre le pouvoir des mains de l’armée et non cette dernière qui l’a plébiscité. Je pense aujourd’hui qu’il a trahi les aspirations des jeunes isurgés. Qu’il laisse la place à d’autres. Il n’est pas le seul

  4. Mais, que croyiez-vous donc? Autant le Monsieur avait à ses bottes même des universitaires, autant il a corrompu et compromis toute la hiérarchie militaire.

  5. SOME N. Alexandre

    Pour l’heure, chacun a fait ses calculs avec de bonnes ou de mauvaises intentions, que seul lui connait. Seulement,, il ne faut pas oublier que Dieu Lui savait déjà ce que chacun pensait et allait faire.

    Comme en octobre 2014, Dieu qui aime ce pays dont Il est le créateur, interviendra en temps opportun, car Il aime ce peuple.

    Que la grâce de Dieu soit avec le Burkina et tous les burkinabé qui veulent du bien de leur pays. Amen.

  6. Il est tant de comprendre qu’au Faso, il y a plusieurs armées et une multitude de chefs : Le chef d’état major général des armée, que je considère comme un chef fictif (en vérité c’est un vrai faux chef) juste pour la forme avec beaucoup d’hommes sans armes et sans munitions. La preuve est que l’ex chef d’EMGA, Honoré Nabéré, Gl de son état, a été tout simplement évincé par un moins gradé et personne n’a bronché. Donc il n’était pas chef.
    De l’autre côté, il y a le RSP ( suréquipé en arsenal militaire de dernière génération) est sans nul doute une vraie armée par la taille mais par la puissance de feux : avec quelques hommes, il a un faux chef le Gl Diendéré, très influent, champion dans les coups fourrés. A côté de Diendéré, qui à ses éléments fidèles, il y a trop petits chefs avec leurs éléments fidèles, qui peuvent tenir la bride au Gl Diendéré si ça chauffe. (Une fois de plus, Diendéré a été inquiété en 2011 par de petits militaires sans formation politique. Des éléments ont tiré sur son domicile. Ce qui est sur ce n’était pas ses fidèles). Donc, avec ce portrait sommaire de nos armées, vous comprenez que le Faso n’a pas une vraie Armée républicaine qui réponde sous le commandement d’un et unique chef reconnu et soutenu par une hiérarchie responsable. Comment voulez-vous que les institutions fonctionnent avec quiétude ?

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