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Campagne électorale: la corruption électorale s’est trouvé un terrain d’épanouissement!

Ainsi donc, depuis le dimanche 8 novembre, le Burkina Faso vit au rythme de sa campagne électorale. Une des spécialités de cet «hivernage sans pluies», autrement dit, de cette «campagne sans une pluie d’argent», c’est bien l’absence de gadgets des candidats. Pas de tee-shirts, pas de pagnes, pas de porte-clés… L’idée de fond étant de combattre la corruption électorale et de promouvoir une compétition où les règles sont les mêmes pour tous.

Transparence et redevabilité dans les gestion des deniers publics pour réaliser l'émergence.
Il n’y a plus de gadgets mais qui dit que la  »liguidité » ne coule pas pour mobiliser

Comparaison pour comparaison, la campagne électorale, la 1re post-insurrectionnelle qui ne devrait ressembler à celles d’avant, devrait prendre l’allure d’un établissement scolaire où l’on exige le port de la tenue, histoire de mettre fin à l’exubérance, à la débauche des moyens et au m’as-tu-vu.
La question que nous nous posons depuis dimanche, c’est celle de savoir si le Burkina a été bien inspiré de supprimer les gadgets sous l’angle des objectifs visés et dans des conditions où des mentalités telles que nous le constatons aujourd’hui.
En effet, les comportements de certains candidats sont un pied-de-nez à la règle qui voudrait que tous les postulants démarrent la compétition sur des bases saines. On ne va pas les nommer, mais chacun peut se faire une idée des débauches de moyens dans cette campagne. Et nous n’en sommes qu’aux débuts.
Les mass-médias, dans le sens plénier de l’expression, ont été envahis par les cadors. Sur les grands axes routiers et dans les lieux les plus stratégiques de la capitale, les candidats «bourgeois» font parler l’argent. Sur les chaînes de télé nationales et internationales, dans les colonnes des grands journaux et sur les portails des journaux en ligne, les «prétendants bourgeois» au fauteuil de Kosyam ont dépensé énormément d’argent pour leur visibilité. Au temps du régime de Blaise, certains auraient vite crié scandale au vu de ce qui se passe.
L’un dans l’autre, l’on est donc dans l’obligation de reconnaitre que la suppression des gadgets n’a pas changé et ne va pas changer la donne. Les candidats à la présidentielle, les «favoris» ou prétendus tels, se sont adaptés à la nouvelle situation et les résultats produits sont les mêmes que les gadgets. C’est-à-dire, l’achat des consciences et certainement des votes. Autrement dit, la corruption électorale a trouvé un autre terrain fertile pour s’épanouir sous le regard moqueur des candidats et sous les visages dépités de ceux qui s’essoufflent dans la lutte contre la corruption.
Il n’y a rien de nouveau sous le soleil de la «campagne» burkinabè et tout indique que le palais de Kosyam a été mis au prix que seuls deux ou trois candidats peuvent payer. Tout cela fait marrer, n’est-ce pas? Et pourtant, l’on ne devrait pas rire de ces choses-là.
Wendpouiré Balboné

A propos Fréderic Tieo

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