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Burkina Faso: est-il écrit que…

Le colonel Mamadou Djerma, ci-devant Grand chancelier des Ordres nationaux du Burkina, a pris une retraite bien méritée à 82 piges. Le Vieux, malgré cet âge avancé, était toujours au charbon et pour ce qui concerne la grande chancellerie et pour sa passion, les sports, précisément le basketball. On le voyait toujours auprès des promoteurs de la balle au panier avec ce qui le distingue particulièrement, un cure-dent. Il ne s’en séparait pratiquement jamais. Bon repos au Vieux Djerma. Il a été remplacé par un autre colonel d’âge tout aussi très avancé: 75 hivernages. Alors, Mounafica se demande s’il est écrit quelque part que les Grands chanceliers doivent forcément être des doyens. Passons!

Le candidat investi esquissant des pas de danse
Gilbert Ouédraogo esquissant des pas de danse

Est-il aussi écrit que les politiciens doivent avoir la mémoire courte? Là, le constat est permanent. Pendant les campagnes, ils font des promesses mirobolantes et juste après l’élection, ils oublient tout. Et dans cette logique, les politiques ici au Faso semblent avoir oublié les causalités de l’insurrection. Rien qu’à voir les listes électorales et les investitures, beaucoup pensent qu’on a oublié, alors que le pardon ne signifie pas oublier le mal.
A l’investiture de Gilbert Ouédraogo, chose plus qu’étonnante, Mounafica a entendu des récriminations contre certains opposants, les taxant d’être les géniteurs de la modification de l’article 37 de la Constitution et puis avoir quitter le parti au pouvoir pour être des opposants. Franchement, on est où là? Entre commettre une faute et se raviser pour la corriger et persister dans l’erreur, moi, Mounafica, je choisis celui qui s’est ravisé.
Gilbert Ouédraogo et son parti étaient l’espoir qui pouvait empêcher techniquement la modification de la Constitution par l’Assemblée nationale de l’époque. Tous les Burkinabè épris de justice et démocrates avaient les yeux tournés vers lui. Et qu’a-t-il fait? Il a déçu les espoirs placés en lui en décidant de façon responsable de soutenir la modification. L’histoire retiendra pendant longtemps sa sortie faite à la salle de conférences Jean-Pierre Guingané où il a dit haut et fort qu’il n’avait pas de leçons politiques à recevoir de quelqu’un. Mounafica estime que tout serait parti de cette déclaration de soutien à la modification sous le prétexte fallacieux que la nouvelle mouture limite le nombre de mandats présidentiels à 3 et que c’était la lutte de son parti.
Aujourd’hui, essayer de trouver des justificatifs à cet acte s’explique difficilement. Si comme les « géniteurs de la modification » Gilbert Ouédraogo et son ADF/RDA avaient déclaré être contre la modification, peut-être qu’il n’y aurait pas eu d’insurrection car les moutons en seraient mieux gardés. Aussi, Gilbert allait être un ‘’bravo-tchè’’ (bravo en dioula). Malheureusement, l’arbitre du match qu’il était a décidé de jouer pour une équipe qui a tout de même perdu le match, car si le peuple se met debout, les « modificateurs de constitution » fuient.
La vie est constituée de grands tournants et il faut, comme aiment à dire les anciens, savoir les prendre. Gilbert a très mal négocié le tournant de la modification.
Mounafica, tout œil tout ouïe!

A propos Fréderic Tieo

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2 comments

  1. « L’ADF-RDA n’a jamais demandé la modification de l’article 37 de notre constitution contrairement à certains qui ont la paternité intellectuelle de cette révision. Ils ont introduit et entretenu le débat ou du moins le venin dans le pays avant d’aller trouver refuge dans l’opposition pour fustiger ceux qui essayaient de limiter les dégâts qu’ils avaient engendrés ». Comme contribution à l’éclatement de la vérité, Sidpaldé vient partager avec l’opinion des extraits d’un article: L’AMORCE D’UNE FEROCE DICTATURE. du journal BENDRE du mercredi 16 juin 2010 :
    1. Lors de son interview sur France 24 au cours de laquelle il s’est clairement déclaré candidat à la présidentielle de novembre prochain, Blaise Compaoré lui-même n’a laissé aucun doute sur le fait qu’il serait partant pour une révision de la constitution dans le sens de sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels consignée dans l’actuelle article 37. Ainsi, en dépit des contestations des différentes couches de la société (religieux, partis politiques, société civile…), le CDP veut opérer un passage en force. La démarche est grosse de dangers pour la paix sociale car il faut le sens de la mesure et de la pondération en toute chose. Ce n’est pas en restant au pouvoir à vie que Blaise Compaoré entrera forcement dans l’histoire par la grande porte.
    2. Au contraire, en respectant à la lettre la constitution et en favorisant l’alternance après son dernier mandat de 2010, il sera perçu comme l’un des plus grands artisans de l’instauration d’une culture démocratique au Burkina Faso.
    3. C’est un signal fort. Il sait qu’il est entouré de courtisans et il ne voudrait pas en être l’esclave……..
    4. Il s’est sans doute rendu compte que ceux qui crient urbi et orbi pour qu’il se présente ne le font pas parce qu’ils l’aiment mais parce qu’ils s’attendent à des espèces sonnantes et trébuchantes en retour. En commentaire, SIDPAWALDEconstate que ce comportement du Président Blaise COMPAORE s’observe quatre mois seulement après que le BURKINA ait ratifié la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance en février 2010. Ce comportement n’est autre qu’un défit lancé à l’opinion nationale et internationale. En effet le journal Jeune Afrique révèle dans sa livraison du 2 juin 2011, que déjà le 9 mai 2010 à Paris, la France de Nicolas Sarkozy avait demandé à Djibril Bassolé, le Ministre burkinabè des Affaires étrangères, de faire savoir à son « patron » que mieux valait ne pas toucher à cet article37, cette observation à été réitérée le 21 Mai 2010 Le à Yamoussoukro, en marge de la cérémonie d’investiture d’Alassane Ouattara .
    Comme l’on peut le constater, le venin venait du Président Blaise COMPAORE lui-même. Conscient que ceux qui crient « urbi et orbi au tour de lui ne le font pas parce qu’ils l’aiment mais parce qu’ils s’attendent à des espèces sonnantes et trébuchantes en retour ». Ainsi c’est la lutte de lève toi que je m’assois. C’est cette politique de la « ventrologie » que les autres ont fuit préférant la désobéissance de la discipline du parti que celle des autres idéologies et consciences. Voyez-vous maintenant, Me Noel OUEDRAOGO, que vous vous êtes trompé de propriétaire intellectuel du venin tripatouilleur de constitution ou transgresseur de charte ? Vous vous êtes laissé tomber dans le piège œsophagique ? Comme le complice risque la même peine que l’auteur, vous devez essuyez vos larmes comme Blaise COMPAORE.

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