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Le citoyen burkinabè manque d’imagination!

Au Burkina et à Ouagadougou, face au chômage, tout le monde veut entreprendre. Chacun veut s’auto employer et employer se fratrie. Mais le problème pour le Burkinabè, c’est qu’il manque cruellement d’imagination. Faire quelque chose de différent avec les autres est son problème. Tout le monde se copie.

C'est le prototype même de l'opérateur burkinabè qui fait dans le divers
C’est le prototype même de l’opérateur burkinabè qui fait dans le divers

Jadis, il y a eu la vente des lembroudji dans les cannettes de bière récupérées. L’exigence de l’hygiène a amené les conditionnements dans les sachets qui ont fait leur temps. On y a ajouté les yaourts et autres sucettes. Les bour-nè-zindo (sandwiches) ont fait le bonheur des écoliers et des élèves de l’époque. Et la fortune de ces vendeuses regroupées dans les cours de recréations. On en a empoisonnés aussi.

Les secrétariats publics sont arrivés. Concomitamment, les kiosques et les salons de coiffure ont poussé comme des champignons sur toutes les rues et leurs recoins. Alpha Café sis sur l’Avenue Yennenga semble être leur ancêtre. Les télécentres ont emboité le pas et ont dû leur belle mort naturelle à l’avènement du téléphone portable. Les cybers doivent leur printemps à la vulgarisation de l’Internet.

Plus récemment, ici et là, les restaurants modernes ont proliféré. Les gargotes ont pris pignon sur rue. Les restaurants ‘’qui me connaît’’ sont répandus un peu partout. Certains sont couplés avec des maquis. C’est pourquoi on a les buvettes-restaurants.

Au niveau des populations moins nanties, l’activité est saisonnière et va de la vente des arachides à celle du maïs grillé. D’autres femmes on fait de la vente de jus en période chaude et de carême leur spécialité. Mais il n’y a pas de problème en soi, si tant est que chacun tire son épingle du jeu.

Le portable est venu tuer le télécentre (ph Paul Kabre)
Le portable est venu tuer le télécentre (ph Paul Kabre)

Là où il faut s’inquiéter, c’est au niveau des maquis. Car, côte-à-côte, face-à-face ou dos-à-dos, chacun ouvre son troquet sans se soucier de la proximité de l’autre. Chacun s’assoit, dieu le pousse. L’alcool se retrouve donc presque dans les foyers. La débauche également. Surtout dans les bars climatisés où il se dit que des choses pas très catholiques s’y passent. Dans les bars, l’objectif des prédateurs ‘’alcoolisés’’ est pavé de bonnes intentions. Les fillettes qui vendent les arachides et les fruits comme activité de vacances sont leurs proies. Ce sont des crudités, comme ils les appellent.

Ce qui laisse souvent dubitatif dans la création de certains maquis, c’est que cela ressemble à un blanchiment d’argent plutôt qu’à une volonté d’entreprendre. Déjà, l’emplacement pose problème. Quand on s’installe dans un coin d’où l’on sait, par avance, qu’on sera déguerpi, on se demande pourquoi s’entêter à y investir.

Les ruines de L'Internat
Les ruines de L’Internat

D’autres promoteurs, dans une débauche de grands moyens, s’installent là où leurs affaires ne pourront pas prospérer! Comme L’Internat qui n’a pas hésité à aller défier Jésus et sa Sainte mère Marie dans leur sanctuaire de l’Eglise des Apôtres de la Patte d’oie. La suite, on la connaît, puisque le maquis a été fermé et rasé quelques mois après son ouverture.

Dans les domaines de la santé et de l’enseignement, les établissements privés ont pris le pas sur le public. Tant mieux! Mais le problème est qu’il n’y a pas un regard sérieux dans le suivi-évaluation de ces activités! Beaucoup ouvrent illégalement et cheminent dans des conditions exécrables qui n’offrent pas une bonne qualité de soins, de formation et d’enseignement.

La série continue. A quand une nouvelle trouvaille?

Lougouvinzourim

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Un commentaire

  1. Le plus grand dommage c’est le manque d’imagination dont vous ne faites pas tellement cas. En effet, Lorsque vous entreprenez une activité pour essayer de vous en sortir, plein d’autres quidams s’invitent à effectuer cette même activité au même endroit que vous, comme si ce lieu déterminait votre succès auprès des clients. Résultat: au bout d’un certain temps, les acheteurs sont répartis entre les différents vendeurs et adieu la fortune. Je n’en veux pour exemple que les petites librairies autour des écoles Paspanga. Dans les années 80, un seul petit libraire-papetier s’était installé aux abords des écoles. Il faisait fortune entre les achats de craies, de bics et de cahiers, sans compter les outils d’écolier. Visiblement, il s’enrichissait et grandissait. Quelques années plus tard, d’autres concurrents sont venus s’installer en masse, le réduisant à néant. Si bien que la mairie les voyant pulluler en a aussi tiré profit en construisant des échoppes à louer. En fait, les idées manquent, on copie à tout va ce que quelqu’un a trouvé. C’est frustrant!

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