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Déclaration du Mouvement Justice pour le Nahouri relative à la mise en place du Conseil régional du Centre-Sud

La Région du Centre-Sud
La Région du Centre-Sud

C’est avec surprise que le Mouvement Justice (MJN) pour le Nahouri apprend que la présidence du conseil régional du Centre-Sud est à nouveau occupée par un conseiller régional de la province du Zoundwéogo et que les première-et deuxième vice-présidences sont revenues respectivement à des conseillers du Bazéga et du Nahouri. Le MJN rappelle que depuis la création des conseils régionaux, la présidence de l’institution dans le Centre-Sud a toujours été occupée par soit le Bazéga soit par le Zoundwéogo. Des trois provinces constituant la région du Centre-Sud, seul le Nahouri, jusque-là, n’a jamais eu le privilège d’assumer la fonction de la présidence du Conseil régional. C’est donc tout naturellement que pour ce mandat-ci, les fils et filles du Nahouri s’attendaient à ce qu’au nom de la fraternité, de l’entente et de l’élégance politique, les provinces du Bazèga et du Zoundwéogo, par accord consensuel, acceptent que ce soit le tour du Nahouri d’occuper la présidence du Conseil régional. Au lieu de cela, c’est la gourmandise politique et la raison du plus fort qui ont prévalu.

En effet, le Zoundwéogo, non content d’abriter le siège de la région et fort de sa puissance et de son autorité politique, a dicté une fois de plus sa loi, refusant le principe d’une présidence tournante qui est pourtant un mode revêtant plus d’un avantage et qui est en cours dans nombre de pays et d’institutions. La présidence tournante permet en effet à «des minorités d’accéder au pouvoir et de faire prévaloir leur point de vue». Mais elle permet surtout de renforcer la cohésion et l’unité et de renforcer l’intégration au sein d’un pays, d’une région, d’une communauté ou d’une institution. C’est parce que le mode de la présidence tournante renferme des valeurs de paix et d’entente qu’elle est appliquée un peu partout dans le monde. Dans les Îles Comores par exemple, la présidence est assurée à tour de rôle par chacune des îles de la plus grande à la plus petite de l’Union de ces îles. La présidence de l’Union Africaine et de l’Union Européenne est tournante pour favoriser l’équité et l’unité et pour donner aux pays à faible population la possibilité d’avoir une influence sur les décisions prises au sein de ces institutions. Même la présidence du tout-puissant Conseil de sécurité des Nations-Unies est tournante. C’est ce qui a permis au Burkina Faso d’être un membre non permanent de ce redoutable conseil pour la période 2008-2009 et même d’en tenir les rênes pendant un mois.

Ces exemples sont cités pour montrer l’importance de la présidence tournante; c’est un principe universel qui aide à régler les divergences et à éviter les dissidences. Aussi pensions-nous que nos frères du Zoundwéogo et du Bazèga seraient les premiers à proposer un tel mode en ce qui concerne la présidence du Conseil régional du Centre-Sud. Ceci compte tenu de la dispute qui s’était installée autour du choix du chef-lieu de la région. Le principe de la présidence tournante aurait été un signe d’apaisement et de bonne volonté, surtout de la part du Zoundwéogo et aurait certainement contribué à cicatriser certaines plaies et rancœurs. Au lieu de cela, c’est le mépris sur fond de règne absolu de la part de certains de nos frères et amis du Zoundwéogo.

En effet, l’on nous rapporte que ceux-ci ont avancé deux arguments pour refuser au Nahouri la présidence du conseil de la région. Premièrement, ils ont soutenu n’avoir pas achevé le précédent mandat de la présidence du Conseil régional qu’ils assumaient. Deuxièmement, ils ont prétendu que la règle de la présidence tournante n’est pas écrite et que personne ne peut exhiber un accord y relatif.

Nous disons que ce sont des arguments qui ne résistent pas à l’analyse. En de pareils cas, on ne rattrape pas un mandat qui n’est pas allé à son terme, surtout qu’il ne restait qu’une année. Qu’auraient dit nos frères du Zoundwéogo si du fait de circonstances extraordinaires, ledit mandat se prolongeait de quelques années? Auraient-ils seulement accepté que les mandats suivants occupés par d’autres soient prolongés au prorata de leur «bonus»? Quant à l’inexistence d’un accord écrit, nous nous faisons le devoir de leur rappeler que toutes les règles ne sont pas forcément écrites; c’est ce qu’on appelle «des règles non écrites»; elles sont seulement écrites dans le bon sens et la conscience. Si un membre de la CENI issu de la Communauté musulmane vient d’être élu président de l’institution, ce n’est pas du fait d’une règle écrite, mais du fait d’une logique et de la bonne intelligence. C’est cette même règle non écrite qui amène les provinces et les communes de la région du Centre-Sud à accueillir à tour de rôle les festivités régionales du 11-Décembre. Donc, de notre avis, les deux autres provinces de la région du Centre-Sud, devait respecter l’accord non écrit conclu en 2006 entre les trois provinces pour permettre au Nahouri d’occuper cette fois-ci la présidence du Conseil régional. Au lieu de cela, c’est la trahison.

Cette énième situation qui défavorise fortement le Nahouri dans le cadre de la région du Centre-Sud ne fait que corroborer les prises de positions du Mouvement Justice pour le Nahouri qui n’a eu de cesse de dénoncer une injustice au Nahouri faite. Et aujourd’hui plus qu’hier, notre Mouvement continue de dénoncer et de déplorer cette injustice à forte odeur ethnique.

Le Mouvement Justice pour le Nahouri félicite les six (6) conseillers de l’ADF/RDA, de l’UPC et du MPP qui ont refusé de prendre part au vote du bureau du Conseil régional du Centre-Sud et exhorte les quatre autres conseillers du MPP qui y ont pris part à démissionner pour ceux qui se sont fait élire à des postes. Le MJN demande à l’ensemble des dix (10) conseillers régionaux de la province du Nahouri de s’abstenir de siéger sous quelque prétexte que ce soit audit conseil. Laissons-leurs leur région afin qu’ils en fassent ce qu’ils veulent. En aucun cas, le Nahouri ne saurait être ni une province «faire-valoir» ni une province figurante dans le cadre d’une région. Notre province doit rester digne et se faire respecter, même minoritaire.

Le MJN exhorte les dix (10) conseillers régionaux du Nahouri à refuser la division en leur sein car elle ne profitera qu’aux autres et non au Nahouri. Cette affaire dépasse le cadre des partis politiques.

En effet, notre province doit être placée au-dessus des intérêts partisans de chacune et chacun.

Le MJN déplore la médiocrité de nombre de politiciens du Nahouri dont certains ont accepté d’aller à des primaires au sein de leur parti, tout en sachant que quel que soit le mode et la nature du vote, le Nahouri perdra avec ses 10 conseillers face aux 14 conseillers du Zoundwéogo et aux 14 autres conseillers du Bazéga. Il fallait simplement se battre pour faire valoir la règle d’une présidence tournante et non accepter de manière suicidaire d’aller à des primaires. C’est d’autant outrageant pour le Nahouri qu’à quelques exceptions près, ce sont les mêmes professionnels de la politique médiocre et habituelle qui ont fait perdre hier le Nahouri, qui une fois de plus ont agi à le faire perdre aujourd’hui également. Que diantre font-ils encore dans cette politique s’ils sont incapables de quoi que ce soit pour leur province?

Pour notre part, nous continuons d’affirmer avec force que les régions au Burkina sont non seulement mal conçues mais aussi et surtout mal mises en œuvre. En effet, si la région doit s’entendre uniquement comme son chef-lieu, cela s’appelle une mauvaise conception. Si attribuer l’accueil des festivités du 11-Décembre à une région signifie développer le seul et rien que le seul chef-lieu, cela s’appelle une mauvaise conception.

En effet, l’enveloppe financière globale destinée à l’organisation de la fête nationale dans une région devrait profiter à l’ensemble de la région et non à son seul chef-lieu. D’ores et déjà, le MJN prévient le gouvernement qu’au tour de la région du Centre-Sud en 2018, si les infrastructures à réaliser ne prennent pas en compte l’ensemble des provinces de la région, la province du Nahouri boycottera du mieux qu’elle le peut lesdites festivités.

A bon entendeur salut.

Assane GOMGNIMBOU

Atibia BOULIOU

René ALOUA

Issaka Luc KOUROUMA

Djibril DIDIGUI

A propos Fréderic Tieo

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